Les garçons de l’été – Rebecca Lighieri

Il ne m’est pas souvent arrivée d’être autant sur mes gardes en lisant un livre. Les garçons de l’été, c’est une belle couverture (et il faut bien ça pour affronter psychologiquement le temps de ces derniers jours), une recommandation par ma libraire et une lecture commune avec mon club de lecture. On s’attend à un petit roman légé, qui sent bon l’été et on nous sert une histoire diabolique. C’est une belle surprise !

garçons de létéThadée et Zachée vivent avec leur famille à Biarritz, ressemblent à des demi-dieux, blonds, bronzés, le sel et le sable collant à leur peau…Sauf que Thadée se prend un peu trop pour Dieu. La faute à une mère envahissante et surprotectrice ? A sa beauté qui lui a toujours ouverte toutes les portes ? A son aura et sa supériorité écrasante ? Zachée est en admiration devant ce frère que sa mère idolâtre,  bien qu’il ait conscience de son côté sombre et pervers. Ysé la petite dernière aux « cadeaux chelous » et à l’attitude bizarre, n’en est pas moins très observatrice et est peut-être la première à connaître la vrai nature de Thadée. Lors d’une session de surf à la Réunion, tout bascule. Thadée rencontre un requin et perd un bout de chair. Le demi-dieu chute brutalement de son piédestal et ne voit pas pourquoi il serait le seul.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en commençant cette lecture. Surtout qu’au bout de 100 pages, les principaux événements annoncés sont tombés. Alors je me suis demandée ce qui allait se passer pendant les 300 pages suivantes. Attention, c’était une attente délicieuse, pas l’ombre de l’ennui à l’horizon. On sait, on sent que ça risque de mal finir cette histoire. On reste sur ses gardes tout au long de la lecture, on essai de ne pas trop s’attacher aux personnages, au cas où on en perdrait un en route, mais on ne peut pas s’en empêcher. Impossible d’imaginer la suite des événements. On est coincé dans notre lecture. On attend. On observe. On est curieux et vigilant sur ce que l’auteur réserve à ses personnages.

L’ambiance est malsaine. On se sent un peu voyeur en tant que lecteur, à regarder cette famille à qui tout souri, sombrer au fil des pages. On se prend d’affection pour la taiseuse Cindy, l’intelligente Ysé, même pour …qui m’a un peu fait penser à Dudley, sans compter le charme d’Anouk. Les parents sont impuissants, les enfants sont les plus forts. Les rôles sont comme inversés. La construction du livre est intéressante : les chapitres s’enchaînent comme de longs monologues où chaque personnage à son mot à dire. Je suis un peu déçue par la fin que j’ai trouvé trop facile compte tenu de la teneur de l’histoire et de la force des personnages. L’écriture est fluide, le roman se lit d’une traite, sans temps mort.

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