La lamentation du prépuce. Shalom Auslander

« Élevé dans la plus stricte orthodoxie juive, Shalom Auslander a conservé une vision très personnelle du « Tout-Puissant » et une paranoïa aiguë. Trente-cinq ans d’une relation complexe, faite d’incompréhension et de pure terreur. Aujourd’hui, la grossesse de sa femme le laisse désemparé, confronté à l’agonisante question : quel sort doit-il réserver au prépuce de son enfant ? » (10/18, 2009, 304 pages) lamentation prépuceLa lamentation du prépuce est arrivé dans ma PAL suite à un prépugé complètement faux. J’avais déjà mis à mal ce cliché mais cette fois, je dois bien me rendre à l’évidence. Je me suis fourvoyée : les salariés de la Fnac savent conseiller. Je pensais (avec naïveté mais sans arrogance) que les supermarchés des biens culturels employaient certes des passionnés mais que leur polyvalence les empêchait de se spécialiser et rendait plus complexe leur capacité à renseigner les clients, contrairement à nos chers libraires.

Bref. J’essaie toujours de tenir ma résolution de début d’année : faire baisser ma PAL. Mes lectures estivales devaient donc (pour la majorité car je savais que j’allais craquer) être choisies parmi les trésors présents sur mes étagères. Mais de premier abord, je n’avais rien de léger (quelle bonne excuse pour faire un achat!). C’est avec ce critère en tête que je suis allée demander conseil : « Bonjour. Je cherche quelque chose de léger pour l’été : sans prise de tête mais pas culcul non plus (exit Musso et Lévy) ». La demoiselle sourire aux lèvres, m’a conseillé 5 romans, 5 auteurs différents qu’elle avait tous lus et qu’elle à su me raconter, avec ses anecdotes de lecture…(du vrai conseil quoi!) Et c’est Shalom Auslander qui m’a le plus séduite. Il promettait beaucoup d’humour, une écriture sans fioriture, tout en m’apprenant plein de choses sur la religion juive.

Le petit Shalom Auslander est élevé dans la pure tradition juive, croyante, pratiquante et conservatrice. Son père, un artisan talentueux, cède régulièrement à des excès de violence dont ses fils sont les cibles, pendant que sa mère effrayée mais impuissante détourne le regard. Pour désamorcer les crises, Shalom trouve des astuces : faire le pitre, poser des questions pertinentes sur le travail de son père… Plus il grandit, plus Shalom se pose des questions sur la religion et sur la manière de vivre des autres citoyens américains. Petit à petit, il se transforme en ado rebelle, à l’insu de ces parents. Ca commence par la relation avec la nourriture. Est-ce que manger du salami va réellement remettre en cause sa foi ? Est-ce que Dieu lui en voudra ? Comme va se traduire sa colère ? Viendront ensuite la musique, le sexe, la drogue, et le mensonge omniprésent…Pendant toute son adolescence, Shalom mettra Dieu au défi, le provoquera sans cesse. Jusqu’à être arrêté, a essuyé des travaux d’intérêt généraux, puis à partir un an en Israël pour être remis dans le droit chemin. A son retour, il reprendra vite ses mauvaises habitudes et sera paumé mais toujours aussi croyant. Seulement, il ne pratique pas et sa famille ne comprend pas. Par l’intermédiaire d’une amie, il rencontre Orli, aussi paumée que lui. Tout de suite, ils se comprennent, se soutiennent et rapidemment se marient.  C’est la naissance de son premier enfant qui est le point de départ de ce récit. Car avec cette naissance, plusieurs questions se posent : que doit-il faire avec le prépuce de son fils ? Sa famille, de qui il a finit par s’éloigner, va-t-elle profiter de l’occasion pour se rapprocher de lui ?

Si les premières pages de ce livre m’ont faire rire, je me suis vite lassée. J’ai appris beaucoup de chose sur la religion juive : ses traditions, ses rituels, l’importance de la communauté et sur des passages de la Bible. J’ose espérer que le cloisonnement religieux et l’intégrisme que Shalom Auslander nous décrit n’est pas aussi extrème dans toutes les communautés. Dieu est présenté comme un dieu punitif, un dieu vengeur que l’on doit respecter si on ne veut pas subir son courou. On a parfois l’impression que Shalom Auslander frole la folie, qu’il a subit un véritable lavage de cerveau pendant son enfance. Il lutte en permanence pour ne pas se noyer. Au-delà de son histoire, c’est la relation à la foi (peu importe la confession) qui est interrogée. Parce qu’il prend ses distances avec les traditions, la famille de Shalom considère qu’il a perdu la foi, alors que c’est loin d’être le cas.

J’ai terminé ma lecture hier de manière un peu laborieuse. Le témoignage est intéressant et pose de vrai question sur les religions, les pratiques et la foi. Derrière un titre à l’humour ravageur se cache une histoire difficile et un homme qui peine à s’en sortir. Rien de très léger quoi ! 🙂

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