Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman

« Accueillie dans ce monde par une flopée d’injures, la petite Janie Ryan est vite projetée au milieu de cris, de fumées de cigarettes, de vapeurs d’alcool, mais aussi de beaucoup d’amour. 
Dans une langue saisissante et originale, elle remonte à ses premiers jours pour nous raconter sa jeunesse écossaise, de centres d’accueil en HLM minables et autres bed and breakfasts douteux… Alcool, drogue, fins de mois difficiles et beaux-pères de passage : rien ne lui est épargné. Mais, toujours prête à en découdre, Janie se débat, portée par un humour féroce et la rage de se construire une vie correspondant à ses attentes. »  (Editions Philippe Rey, 2014, 298 pages)kerry hudsonSuite (et bientôt fin!) du prix des lecteurs nantais auquel je participe. Avec son titre long, ce livre est dans l’air du temps ! J’en avais entendu parler lors de sa sortie, notamment par les bloggeuses mais il ne m’attirait pas plus que ça. Une fois n’est pas coutume et c’est la force de ce prix, il « oblige » (car on a toujours le choix) à sortir de ses lectures confortables et à aller voir ailleurs !

L’histoire se passe en Ecosse, mais disons-le d’emblée, elle pourrait très bien avoir lieu en Allemagne, à Détroit aux Etats-Unis ou dans le nord de la France. L’ambiance est grise même en été sans pourtant être pesante. C’est surement dû à l’humour saupoudré par Kerry Hudson au fil des pages.
Janie est le fruit d’une nuit entre Iris et un américain rencontré à Londres. Fauchée et enceinte, Iris retourne vivre chez sa mère, plus intéressée par les ragots et le bingo que par les mésaventures de sa fille. Rapidement après la naissance, leur relation tourne au vinaigre et ces deux femmes au fort caractère se séparent en claquant la porte. Iris se retrouve alors sous la pluie avec un landau contenant une fille d’un mois, quelques vêtements, 3 francs 6 sous, et dans la merde jusqu’au coup. Ce soir-là, elle atterrie dans un foyer où après avoir ravalé sa fierté, elle trouve sa place et se fait même des amies. Mais elle ne peut pas rester et est obligée de placer sa fille le temps de trouver un endroit où loger. Janie garde un merveilleux souvenir de ces quelques semaines attentionnées et en sera souvent nostalgique. Les années se suivent et se ressemblent : une succession d’appartements plus que miteux dans des quartiers craignos, des soirées alcoolisées, des tonnes de cigarettes, de la drogue, des nouveaux papas aimants au premier abord puis violents, des pleurs, des cris, des fins de semaines difficiles, des jurons à n’en plus finir…Voilà dans quelle ambiance Janie passera ses 18 premières années. Sympa non ? 🙂
C’est par ses mots que nous sont racontées ces premières années. Tour à tour lucide, naïve, pleine d’espoir, désabusée, courageuse mais rarement défaitiste. Intelligente, Janie me fait penser à Matilda. J’ai souri de ses réflexions enfantines, râler devant le comportement de sa mère alcoolico-dépressive, et j’ai été triste face à la honte et aux moqueries qu’elle subit. Je n’ai pu qu’être sensible à son rapport à la lecture et aux livres. Pendant toute ma lecture, je me suis demandée ce qu’elle allait devenir, si elle allait sortir de ce cercle vicieux. Car comme beaucoup, Janie rêve d’autre chose même si elle grandit trop vite et est témoin de situations qu’elle devrait ignorer. Sa famille est son unique point d’ancrage et malgré toutes les épreuves, les cris et la lutte pour survivre, elle baigne dans l’amour maternel, familial et reste soudée.

Je ne suis pas fan de ce type de roman et d’ambiance mais je dois reconnaître que l’écriture de Kerry Hudson est juste. On sent le vécu dans la violence des mots, des gestes et des situations.

Une lecture parfaire pour sortir de sa zone de confort et un écrivain à suivre.

PLN

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