Washington Square. Henry James

 » Quoi de plus délicat que les relations entre un veuf inconsolable et une fille qui ne ressemble pas à sa mère?
A New York, l’implacable docteur Sloper vit avec son unique enfant, Catherine, un être vulnérable, tandis qu’une vieille tante écervelée papillonne autour d’eux. Un soir surgit un jeune homme au visage admirable… Dans la vénérable demeure de Washington Square, le quatuor est en place pour jouer un morceau dissonant.  » (Editions Liana Lévi, 2009, 280 pages)Washington SquareUne petite escapade à New York se devait d’être accompagnée d’un roman ayant pour toile de fond cette ville. Le choix est vaste ! A croire que New York inspire un grand nombre d’auteurs depuis des générations. Comme Paris. Est-ce le cas de toutes les grandes villes ? Pourquoi ? En tant que blog-trotteu(rs)ses, amoureu(x)ses de la littérature, qu’en pensez-vous ?

Un ami qui a habité 2 ans New York m’a fait un pack sur cette ville : quelques dvd + un livre, un seul, en me disant que je ne pouvais pas passer à côté. Je l’ai suivi les yeux fermés.

Catherine Sloper est la fille unique d’un médecin émérite habitant au coeur de la ville de New York. Sa mère, une jeune femme belle et intelligente, est décédée quelque jour après sa naissance. La famille avait déjà subi la perte d’un fils et ce deuxième drame toucha durement le père de famille. A son grand désespoir, sa fille n’a pas hérité de la beauté et de l’intelligence de sa mère. Il la juge très sévèrement : une enfant au visage banale, sans capacité intellectuelle. Il lui reconnait tout de même quelques qualités : sa fidélité, sa droiture, sa morale. Dans la demeure de Washington Square vit aussi Mrs Penniman, la soeur de Mr Sloper, qui se complait dans les histoires romanesques et rêve un jour d’être le personnage clé d’une de ces histoires. A tel point qu’elle se transforme en intrigante.
En âge de se marier, Catherine évolue discrètement dans le grand monde sans rencontrer beaucoup de prétendants. Trop timide, elle passe inaperçue et devient incapable d’émettre le moindre son quand on s’adresse à elle. C’est ce qui arrive lorsqu’elle rencontre Morris Townsend. Fraichement de retour à New York après avoir voyagé autour du monde et dilapidé sa fortune, Morris Townsend est un beau jeune homme à la recherche d’une situation professionnelle et d’une épouse. Il jette son dévolu sur Catherine, vulnérable et naïve, une proie facile qu’il ne tarde pas à convaincre de son amour, déployant tout son charme et ses talents d’orateur. Un mariage se profile. Catherine est sur un petit nuage, découvrant des sentiments dont elle ignorait l’existence. Mrs Penniman n’en perd pas une miette, s’assurant d’être la confidente de la demoiselle, l’intermédiaire du jeune couple, dispensant ses conseils. Mais Mr Sloper ne se laisse pas duper par l’attitude de Mr Townsend, qu’il soupçonne (et il ne se trompe jamais) d’être davantage attiré par la fortune de sa fille que par sa personnalité. Son orgueil (et son avarice ?) dû en partie à des années d’études approfondies du genre humain l’oblige à refuser cette union. Si le couple va à l’encontre de sa volonté, il déshéritera sa fille.
Quelles vont être les réactions des différents protagonistes ? L’amour du jeune couple survivra-t-il à ce refus ? Un compromis est-il possible ? Je vous laisse le découvrir.

C’est un livre que l’on savoure, au même titre que ceux d’Edith Wharton ou de Vita Sackville-West, l’humour caustique en moins. C’est un huis clos et j’en suis friande ! Le narrateur est extérieur et nous rapporte les points de vues de chacun des protagonistes ce qui rend le lecteur lucide sur la situation qui se déroule sous ses yeux et la fin inéluctable.
Plus j’avançais dans ma lecture, plus j’avais envie de leur crier à tous : « Mais lâcher les basques à cette pauvre Catherine ! ». Et en même temps, j’avais envie de secouer cette dernière, qu’elle s’affranchisse de la morale qu’on lui a inculqué, de la soumission envers son père qu’elle vénère et dont elle cherchera toute sa vie son approbation et son attention. Henry James dépeint parfaitement le poids de la société et l’insignifiance de la femme à cette époque. Catherine n’est qu’un pion dont sa tante se nourrie pour pimenter sa vie, et sur lequel le père s’appuie pour prouver sa supériorité intellectuelle, sans aucune compassion pour sa fille.

Washington Square raconte le destin tragique d’une de ces jeunes filles de la haute société new yorkaise dont l’avenir n’est pas si radieux que l’on aimerait le croire. Les romans que je lis habituellement sur ce sujet ont souvent pour héroïne une femme à la personnalité affirmée. Catherine n’est pas de cet acabit. On a l’impression qu’elle se complait dans le rôle et qu’elle subit sans broncher les évènements de sa vie. L’écriture d’Henry James est simple, avec parfois quelques fioritures mais sans excès. Il maîtrise les parfaitement les sentiments humains même si les personnages sont caricaturaux. Bien que le narrateur extérieur m’ait parfois gêné lors de ses intrusions inopinées je vous recommande cette histoire avec laquelle j’ai passé un agréable moment.

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