Buvard. Julia Kerninon

« Cela ressemble à quoi, un écrivain ? Quand Lou passe pour la première fois la porte de Caroline N. Spacek, il ne connaît d’elle que ses livres. D’ailleurs, il ne comprend pas pourquoi elle a accepté de le recevoir, lui, le simple étudiant. À 39 ans, Caroline N. Spacek vit recluse dans la campagne anglaise, après avoir connu une gloire précoce et scandaleuse. Enfant terrible de la littérature, ses premiers romans ont choqué par la violence de leur univers et la perfection de leur style. Issue d’un milieu marginal, elle a appris très jeune à combattre, elle a aussi appris à fuir.
Mais Lou va l’apprivoiser. Alors ensemble, durant un été torride, ils vont reconstruire une trajectoire minée de secrets. » Edition la Brune au Rouergue, 2014, 199 pages)

buvardPar ce billet, j’inaugure ma participation au Prix des Lecteurs Nantais 2015. Une belle première rencontre qui présage j’espère une sélection passionnante.

Buvard : papier poreux, servant à boire, à sécher l’encre d’une écriture, d’une tâche fraiche
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Voici la première chose que j’ai faite en refermant ce livre : lire la définition du titre de ce livre. Et soudain, tout s’est éclairé.
Lou est un jeune étudiant de 24 ans qui vient de découvrir et d’avaler l’intégralité de l’oeuvre de Caroline N. Spacek. Il ressort de cette lecture fasciné, ébranlé. A tel point qu’il souhaite la rencontrer.
Sauf que Caroline vit recluse dans la campagne anglaise, ne donne pas d’interview, reçoit encore moins. A sa grande surprise, elle l’accueille. Et ne va pas seulement lui ouvrir sa porte, mais aussi sa vie. Lou recueille les confidences de l’écrivaine à l’enfance difficile, à la gloire immédiate, à l’écriture pure, aux amours destructeurs.
A travers son livre, Julia Kerninon s’interroge sur ce qui fait un écrivain, et choisit l’angle des blessures de la vie. Rapidement une question s’impose dans l’esprit de Lou : Comment cette femme en est-elle arrivée là ? A 40 ans, on a parfois l’impression d’être face à une vieille femme, éprouvée par la vie, sage mais à la limite de la folie.

Le deuxième sujet de ce livre est le lien étrange qui se tisse entre l’écrivain et le lecteur. Lou va, tel un buvard, boire, absorber les paroles de Caroline, la laissé parler, raconter, raviver ses souvenirs. Parfois, il ravivera les siens, découvrant quelques points communs vite balayés par les réflexions.
L’histoire ce déroule presque en huit clos. Un huit clos qui donne davantage de force, de puissance aux émotions, aux mots. J’ai eu la sensation que chaque mot, chaque phrase avaient été choisis avec précaution, avec précision. Comme l’aurait fait Caroline dans ses romans. La ponctuation est très présente et donne un rythme singulier à cette histoire et à la construction du roman.

C’est une rencontre singulière que je viens de faire avec cette jeune auteure (27 ans!) dont Buvard est le premier roman. Il vient de recevoir le prix Françoise Sagan. Un talent à suivre, à n’en pas douter.

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