La disparition de Jim Sullivan. Tanguy Viel

« Du jour où j’ai décidé d’écrire un roman américain, il fut très vite clair que beaucoup de choses se passeraient à Detroit, Michigan, au volant d’une vieille Dodge, sur les rives des grands lacs. Il fut clair aussi que le personnage principal s’appellerait Dwayne Koster, qu’il enseignerait à l’université, qu’il aurait cinquante ans, qu’il serait divorcé et que Susan, son ex-femme, aurait pour amant un type qu’il détestait. » (Editions de Minuit, 2013, 160 pages)

Jim sullivanMa rencontre avec La disparition de Jim Sullivan s’est faite à la médiathèque, alors que je cherchais un roman léger à me mettre sous la dent. J’avais besoin de me détacher de l’ambiance lourde de Kinderzimmer (dont je n’arrive toujours pas à vous faire part) et la bibliothécaire m’a conseillé ce livre.

Dwayne Koster est un américain moyen, professeur de littérature dans une université près de Detroit, dans le Michigan. A cinquante ans il est divorcé, conséquence d’une liaison avec l’une de ses étudiantes, Millie, qui travaillait  comme serveuse dans une cafétéria pour payer ses études. Susan, son ex-femme qui fut à ses côtés pendant vingt ans, a refait sa vie avec Alex Dennis, un ancien collègue de Dwayne qu’il déteste et jalouse. Malheureux, Dwayne passe le plus clair de son temps dans sa voiture à écouter Jim Sullivan et à connaître de multiples mésaventures.

Ce fut une relation courte et à sens unique ! Je suis pourtant allée au bout de ce livre, un peu par obligation je l’avoue (3h coincée sur les voies SNCF en raison d’un « accident de personne », ça aide 🙂 !). Est-ce qu’il fut victime de mon humeur ? Est-ce le style qui ne m’a pas touché ? Je ne sais pas mais je suis totalement passée à côté de ce roman, mais alors complètement !

Pourtant, la quatrième de couverture est aguicheuse ! Un français qui se lance dans l’écriture d’un roman dit américain ? Si comme moi, vous ne vous êtes pas penché sur les codes du genre, ce roman aide à les mettre en évidence. Car après-coup, on s’aperçoit qu’on les connaît déjà.
En parallèle de l’histoire, et c’est là que réside l’originalité de ce livre, Tanguy Viel explique ses choix d’écriture. On a l’impression d’être plongé dans les coulisses du roman, d’assister à son making-off. Si parfois cela prête à sourire, ça ne fait pas beaucoup avancer l’intrigue et on s’y perd un peu. L’auteur dresse et décortique une liste des codes du roman américain. Plus que ça, La disparition de Jim Sullivan en est une caricature. Tanguy Viel a donc réussi son pari.

Si ce livre vous intéresse, je vous conseille plutôt de le lire pour explorer les codes du genre et vous régaler des commentaires. L’histoire en elle-même ne vaut pas grand-chose.

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