La Silencieuse. Ariane Schréder

« « Je n’ai jamais été très douée avec les mots. Ceux qu’il faut prononcer, échanger. Les miens restent bloqués à l’intérieur, encombrés au moment de sortir, disparus. Ils me reviennent quand il n’y a plus personne pour les recevoir. »
C’est dans une grande maison isolée au bord d’un fleuve que Clara vient se réfugier après une rupture amoureuse. Là, elle passe ses journées dans l’atelier à sculpter d’aériennes silhouettes, des mobiles qui touchent terre. » (Philippe Rey, 2013, 224 pages)

La-silencieuseDans la vie Clara est sculptrice. L’héritage qu’elle a reçu à la mort de ses parents lui permet de se consacrer à son art. Elle vit à Paris aux côtés de Barnabé, marionnettiste. Un jour il lui annonce qu’il arrête tout pour se consacrer au théâtre. Il la quittera quelques temps plus tard. Nait en Clara un besoin de partir. Impossible de rester dans cette maison, qui est aussi son atelier, empreint de souvenirs et de Barnabé. Malgré les protestations de son entourage, elle s’installe donc en campagne, dans une petite commune à 1h30 de Paris. Elle trouve une grande maison avec assez d’espace pour sculpter et où elle espère se retrouver. Elle se donne un an.

Clara est une jeune trentenaire solitaire et silencieuse (vous n’auriez jamais deviné je parie!). Nous sommes donc loin de l’image que les romans légers comme ceux de Sophie Kinsella peuvent en véhiculer. Loin d’être sauvage, elle puise dans son silence et sa réflexion, son inspiration, la légèreté de ses sculptures. Au fil des mois, elle découvrira la vie à la campagne, apprendra à connaître les habitants de sa commune d’adoption, adoptera un chat. Elle oubliera Paris, les parisiens et Barnabé.

Dans La silencieuse, Ariane Schréder ne dresse pas un portrait de l’art et de la vie d’artiste. Elle s’interroge sur la solitude, sur ce qui nous pèse et ce qui nous fait vivre. Sur les relations humaines aussi : les multiples formes d’amitié, d’amour. Elle aborde des thèmes comme la différence, l’homosexualité, l’entraide et la solidarité. Au fil des pages, les changements qui s’opèrent dans l’esprit de Clara se traduiront aussi dans ses sculptures, dans ses relations avec l’autre.

L’écriture est souple, légère et aérienne, semblable aux sculptures de Clara. Mais le rythme est lent, trop lent pour moi, bien qu’il se prête parfaitement à l’ambiance du roman. La délicatesse de l’auteur n’a pas pris le dessus d’une histoire trop banale à mon goût. Les personnages secondaires peu nombreux m’ont touché, notamment Omar dans le rôle du voisin un peu bougon mais sympathique.

PLN 2014

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