Voir du pays. Delphine Coulin

« Deux filles, Aurore et Marine, reviennent d’Afghanistan. Elles y ont vécu six mois de tension, d’horreur, de peur. Elles vont passer trois jours à Chypre, dans un hôtel cinq étoiles, pour ce que l’armée appelle un « sas de décompression », où on va leur réapprendre à vivre normalement, à oublier la guerre, à coups de séances de débriefing collectif et de cours d’aquagym, de soirées arrosées et de visites de sites archéologiques de la vieille Europe. » (Grasset, 2013, 266 pages)
Voir du pays, de Delphine CoulinVoir du Pays, c’est d’abord une histoire d’amitié, celle d’Aurore et Marine. A première vue, tous les opposes : leurs milieux, leurs styles de vie, leurs relations familiales. Aurore et Marine, se rencontrent au lycée, deviennent amies et font les 400 coups. A 18 ans, elles s’engagent dans l’armée. La première rêve d’ailleurs, de se rendre utile, souhaite échapper à son quotidien. La seconde fuit sa famille, sa douleur. Deux caractères qui se complètent et qui ont promis de se soutenir quoi qu’il advienne.
L’armée et la guerre vont profondément les changer. Aurore, blessée lors d’une mission de reconnaissance, ne reconnait plus Marine lors de sa sortie de l’infirmerie. Au moment où elle aurait besoin de parler, Marine lui fait comprendre qu’il faut oublier et avancer. Mais Aurore n’y parvient pas. Les séances de débriefing révèleront les évènements sous un jour nouveau. Peu importe ce qu’il s’est passé, la seule chose qu’Aurore souhaite, c’est de retrouver la Marine d’avant, le pilier de leur amitié.

Avec Voir du pays, Delphine Coulin nous introduit au sein de l’armée française. Le processus de recrutement, les conditions de vie en Afghanistan, la solidarité des soldats, la guerre, la peur, l’horreur. Bien sûr, on n’échappe pas aux clichés : soldat aux attitudes proche de l’homme des casernes, discipline, loi du silence, place de la femme.  Clichés vraiment ou réalité ? Marine et Aurore ne vivront pas la même guerre. Leurs caractères et leurs personnalités leurs permettront de gérer chacune à leur manière cet épisode de leur vie. C’est en cela que leur amitié va être abîmée voire remise en question.

En choisissant de placer son intrigue lors du « sas de décompression », l’auteur apporte un nouvel éclairage sur l’après-guerre, la difficulté à baisser sa garde, à perdre certains réflexes terrain. Mais aussi toutes sortes de petites joies : dormir sur un vrai lit, se balader sans les kilos d’équipement sur le dos, la sensation de l’eau sur son corps ou encore le désir. Au fil des pages et grâce aux flashbacks, on prend conscience des changements de comportements que la guerre a introduit chez chaque militaire : reproduction d’attitudes qui dans la vie quotidienne seraient choquantes, effet de groupe, ennui.

Il y a également dans le livre de Delphine Coulin une sorte de fatalité, de retour au réel un peu brutal, marqué par la violence des hommes. La psychologie humaine nous bluffe par sa capacité à passer outre les traumatismes pour nous permettre de continuer notre route.

Je suis passée à côté de ce livre. J’attendais qu’il me raconte ces trois jours à Chypre, ce qui s’y déroule, pourquoi, comment. A la place, j’ai eu une histoire d’amitié qui me laisse sur ma faim. Je me suis souvent emmêlée les pinceaux dans les personnages en raison des pronoms (première personne mélangée à l’omniscience de l’auteur) et des nombreux paragraphes qui n’induisent pas automatiquement un changement de personnage. J’en garde un sentiment d’ennui et de facilité dans la composition de l’histoire.

challenge 1 rentrée littéraire2013

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3 commentaires

    • C’est vrai que je suis déçue mais c’est un livre que j’ai emprunté à la médiathèque par hasard, je ne l’attendais pas spécialement. Au contraire de Kinderzimmer de Valentine Goby, que j’attends depuis 2 mois et dans lesquel je me suis enfin plonger hier. Si celui-ci me déçoit, là je serais vraiment frustrée! 🙂 Pour l’instant, cela s’annonce dur mais passionnant. Affaire à suivre…

  1. […] Voir du pays. Delphine Coulin Aurore et Marine reviennent d’Afghanistan. Avant de rejoindre leurs familles, elles passent trois jours à Chypre où elles devront abandonner leurs réflexes de soldat et affronter leurs peurs. Ma première déception de l’année ! Je suis passée complètement à côté de cette histoire d’amitié et j’en garde un sentiment d’ennui et de facilité dans la composition de l’histoire. […]

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