La garçonnière. Hélène Grémillon

Ce roman est inspiré d’une histoire vraie. Les évènements se déroulent en Argentine, à Buenos Aires. Nous sommes en août 1987, c’est l’hiver. Les saisons ne sont pas les même partout. Les êtres humains, si. (Flammarion, 357 pages, 2013)

la garçonnièreVittorio, psychanalyste de renom rencontre dans son cabinet Lisandra, danseuse de tango. Un jour, Lisandra est retrouvée morte, défenestrée, et Vittorio est accusé du meurtre. Il a beau clamer son innocence, tout l’accable. Il est donc incarcéré. Eva Maria, une de ses patientes convaincue de son innocence, va mener l’enquête et tout faire pour le disculper.

L’histoire nous parvient par les pensées d’Eva Maria. En proie à ses démons suite à la disparition de sa fille pendant la dictature, elle consulte Vittorio depuis cinq ans. Alcoolique,  délaissant son fils, elle refuse de croire en la culpabilité de son psy, en qui elle a confiance et qu’elle a placé sur un pied d’estale. Vittorio emprisonné, ne se remet pas de la mort de sa femme et cherche par tous les moyens à mettre à jour le complot qui l’accuse. D’autres personnages apparaîtront au fur et à mesure de l’enquête : des amants, un touchant professeur de danse, Pépé, le fils d’Eva Maria, Estéban protecteur et qui espère voir sa mère guérir.
Au fil de l’histoire, les personnages se dévoilent. On découvre leurs vies actuelles et passées, leurs manières de fonctionner, leur douleur. Leurs histoires se mêlent, s’imbriquent parfois les unes dans les autres. Eva Maria avancera doucement dans son enquête, confrontée à plusieurs fausses pistes, devant accepter la vérité sur l’homme qu’elle admire et qu’elle défend.

Hélène Grémillon explore la psychologie humaine, les relations amoureuses, la jalousie. La dictature lui sert de prétexte pour mettre en évidence la complexité du genre humain, capable de bonté mais aussi d’atrocité. Face à son passé, chaque être humain lutte avec soi-même pour survivre et pioche dans les opportunités qui s’offrent à lui, sa porte de sortie. Mais malgré le talent qu’il déploie pour effacer son passé, la vérité finit toujours par éclatée car des réflexes perdurent. La dictature argentine marqua les esprits par ses milliers de disparus et par le sentiment d’injustice provoqué par l’amnistie dont ont bénéficié un grand nombre de coupables.

L’alternance des points de vue et la diversité des personnages m’ont plu. J’aurais aimé que les enregistrements des séances de psychanalyse entre Vittorio et ses patients soient plus nombreux. J’ai beaucoup aimé le personnage de Pépé et l’histoire de l’ami pianiste de Vittorio. L’explication du titre nous est donnée que dans les dernières pages. Malgré ces aspects positifs, je reste sur ma faim. J’aurais aimé que l’auteur s’appuie davantage sur l’histoire du pays, que les personnages soient plus travaillés et que le dénouement soit plus « original » qu’il ne l’est.

Ce livre a été lu dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire organisé par PriceMinister. C’est pour cette raison qu’exceptionnellement je lui mets une note : 12/20.

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3 commentaires

  1. Tu as été un peu déçue apparemment, c’est le cas de bon nombre de lectrices, il faut dire que Le confident était très bon, difficile de faire aussi bien voire mieux sans doute ! Merci de m’avoir choisie pour marraine, je vais pouvoir le lire grâce à toi ! Bises et bonne semaine 🙂

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