Le temps de l’innocence. E.Wharton

Le temps de l’innocence restitue à merveille l’atmosphère à la fois frivole et cruelle de la haute société américaine des années 1880. A travers le récit d’une passion contrariée, le dessein d’Edith Wharton n’est-il pas de montrer à quel point le carcan social provoque la déchéance spirituelle ? (Flammarion, 1985, 287 pages)

wharton innocencePremière conséquence des lectures communes organisées par Noctembule dans le cadre du challenge américain : j’ai découvert Edith Wharton. Ok, pour la LC c’est raté, je suis en retard d’une semaine. Mais je ne regrette pas d’avoir pris mon temps. J’ai lu ce livre à mon rythme, à son rythme : lent. Attention, ce n’est pas péjoratif, bien au contraire. J’ai découvert une grande dame, un grand auteur qui intègre d’emblée le rang de mes classiques et que je relirais sûrement avec le même plaisir.
L’écriture d’Edith Wharton se rapproche de celle de Vita Sackville West, à la fois juste, franche et acérée. Elles ont vécu à la même époque et portent un même regard critique sur la haute société, le carcan social qui les entoure, cette envie de liberté si proche en apparence et pourtant si loin. Cette histoire, Edith Wharton aurait pu la vivre ou en être le témoin.

Newland Archer est un jeune homme élevé dans la haute société new-yorkaise, travaillant dans un cabinet d’avocat. Il s’apprête à épouser May Welland, une belle jeune femme blonde, dont il est amoureux. L’union de ces deux familles respecte les traditions et leur mariage s’annonce heureux au point que Newland cherche à en avancer la date.
L’arrivé dans cet univers d’une nouvelle venue (ou plutôt son retour) ne passe pas inaperçu. La comtesse Ellen Olenska, cousine de May Welland, est de retour d’Europe où elle a vécu plusieurs années avant de quitter son mari.
Sa vision de la vie et de la société, différentes de celles que les conventions exigent, son originalité, sa générosité, sa beauté vont troubler Archer. Au point de remettre en cause son mariage, ses certitudes, sa perception de la société dans laquelle il vit, ses besoins et ses envies. Ellen Olenska représente une porte ouverte sur le monde. Originale elle en est d’autant plus vivante, vibrante. Un grain de sable dans l’engrenage bien huilé de la haute société.
Newland Archer ne comprendra pas tout de suite les sentiments qu’il éprouve pour la comtesse Olenska. Il les niera avant de se rendre à l’évidence mais il sera trop tard. Coincé par les règles de cette bonne vieille société, il souffrira de cet amour contrarié. May Welland naïve en apparence mais forte de son éducation et des traditions se battra avec subtilité. Ellen Olenska, déjà marginale lors de son retour, subira les conséquences de la vie qu’elle a choisi.

A travers Le temps de l’innocence, Edith Wharton décrit les années qui transforment le jeune adulte en homme, ce moment où une simple rencontre, un évènement peu faire voler en éclat les certitudes et tout remettre en cause. Elle porte un regard très critique sur une société en pleine évolution, où les plus ouverts sont qualifiés d’originaux et où les plus conservateurs se remémorent les temps anciens. Elle condamne la position sociale des femmes, ce carcan qui les étouffe et les empêche de vivre. Les sentiments qui traversent les personnages, les décors et l’ambiance qui règne tout au long du récit sont dépeints avec tellement de minutie que le lecteur est happé et vit l’histoire au même rythme que les personnages.

moisamericain

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