Aller-retour New York. Henri Miller

C’est une longue lettre qu’Henry Miller adresse à son ami Perlès. Une lettre qui tient du journal, du poème et du canular. L’auteur décrit à son ami New York tel qu’il la retrouvé et l’oppose au Paris qu’il aime, celui de son souvenir. (Edition Buchet/Chastel, 1962, 165 pages)MillerAvant de plonger dans cette longue et provocante description de l’Amérique et de New York, Henri Miller a lui-même préfacé son ouvrage pour en restituer le contexte. Il explique que 20 ans après avoir écrit cette lettre, il en a modifié légèrement des éléments sur lesquels il avait des doutes. Il y parle de sa rencontre avec Perlès qu’il nomme tour à tour dans son livre Fred, Alph ou Joey, et des l’amitié qui les lie.

New York, dans les années 30. Henri Miller nous décrit les nuits folles ou d’ennui, les femmes, les gens, les habitudes, la nourriture dans un vocabulaire cru. On pourrait parfois croire que c’est une retranscription mot pour mot, un journal intime dans lequel il aurait couché ses réflexions. Dans la première partie du livre, il raconte son retour à New York, ses retrouvailles avec des gens qu’il a connu autrefois et ses nouvelles rencontres. On sent qu’il ne se sent pas à l’aise, ni à sa place. Puis il arrive à Paris, décrit l’ambiance, les rues, les rires…il se sent chez lui. La postface est pleine de nostalgie. Nostalgie de ce qu’était sa vie à Paris, prise de conscience que son pays lui est étranger, malgré le cadre paradisiaque dans lequel il vit. Il rend un vibrant hommage à son ami Perlès qui lui a appris à vivre, lui a fait découvrir le bonheur, notamment en riant de tout.

J’ai terminé ce livre en survolant les 50 dernières pages. Même si j’ai apprécié quelques passages drôles et loufoques, je ressors de cette lecture avec une forte sensation d’ennui et d’effort pour suivre l’auteur dans ses digressions. Le format choisi par Henri Miller (la lettre autobiographique) permet au lecteur de rentrer dans son intimité et c’est parfois difficile de trouver le bon moment pour interrompre sa lecture. Si vous souhaitez lire ce livre, le mieux est peut-être de le lire en une seule fois. Son écriture donne par ailleurs un rythme particulier au récit. New York apparaît fade, superficielle et sans intérêt contrairement à Paris où toutes choses, paroles et actes prennent leurs sens. Malgré une fin positive, j’ai manqué mon rendez-vous avec Henri Miller. J’espère que ce n’est juste qu’un rendez-vous manqué car j’ai bien l’intention de lui accorder une autre chance.

moisamericain

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10 commentaires

  1. je pense en effet qu’il faut essayer de lire un autre livre
    New York dans les années 30. ce sont de très mauvais souvenirs pour Miller. Il vivait à Paris avec plaisir et a pu y publier ses premiers textes alors que l’Amérique le traitait de pornographe puis quand il va habiter la Californie à la fin des années 40 il devient célèbre et on vient le voir, le vénérer presque.
    J’ai lu sa correspondance avec Lawrence Durrell qui éclaire bien ses années 1935-1960

    • Je pense aussi que c’est un rendez-vous manqué et qu’il mérite que je lui accorde une seconde chance. Je vais aller voir ce que tu as lu pour me faire une idée et si tu en as un en particulier à me conseiller, autre que la correspondance, n’hésite pas!

  2. Ca ne me rajeunit pas tout ça. J’ai lu ce livre en 1985, pendant ma période Henry Miller. Je n’en garde aucun souvenir, mais il n’a pas dû me déplaire puisque j’ai lu deux autres livres par la suite.

  3. Malheureusement, je les ai lus il y a trop longtemps. Je ne sais plus si je les avais aimés. Mais je peux te donner le titre des deux derniers : Le livre des amis (Book of friends) et Transit (Just wild about Harry).

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