Pyongyang – Guy Delisle

En 2001, Guy Delisle se rend en Corée du Nord pour superviser les studios d’animation chargés de la production de dessins animés pour enfants. Pendant deux mois, aux côtés de « camarade guide » et « camarade traducteur », il observe un des derniers régimes communistes totalitaires. La société nord-coréenne lui offre en retour de la mauvaise glace, un barrage de propagande et l’occasion de faire voler des avions de papier depuis le 15e étage de son hôtel. En mêlant un talent pour l’anecdote, le dialogue et l’absurde, Delisle raconte des aventures bien loin des clichés véhiculés par « l’Axe du mal ». (Editions de L’Association, 2003, 196 pages)

pyongyangJe vous vois venir…vous pensez que je me moque de vous puisque ceci est mon deuxième billet concernant la BD, à suivre qui plus est, alors que je viens de vous dire que je n’y connaissais pas grand chose! Que nenni ! 🙂 Je découvre cet univers et cela passe par une cure Guy Delisle, que j’ai découvert récemment et dont je suis fan. J’ai commencé avec Chroniques de Jérusalem, BD dans laquelle l’auteur raconte son année d’expatrié dans cette ville mythique, et comme j’ai ADORÉ, j’ai enchainé avec Pyongyang .

En 2001, Guy Delisle a passé 2 mois à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord, pour superviser le travail des studios d’animation. Dès le début de son séjour, il s’est mis à observer et à croquer le dernier régime communiste totalitaire. De son expérience, il a tiré des anecdotes détonantes, souvent incroyables tellement elles peuvent paraître absurdes. On a régulièrement envie de secouer les coréens et de leur crier « mais ouvrez les yeux bon sang! ».

Je reste marqué, entre autres, par une vignette en bas de cette planche qui résume bien l’ensemble de l’histoire : l’interprète de l’auteur et ses deux guides portent un t-shirt « I love Kim ». 🙂
pyongyang6Quelques bizarreries : la nuit, c’est le noir complet, aucune lumière excepté la tour des idées du Juché, colonne de granit surmontée d’une flamme. La nourriture de l’hôtel est plus variée quand une délégation étrangère est présente. On peut écouter trois stations de radio… dédiées à la propagande du parti et de Kim Jong Il.
Évidemment, vous vous en doutez, tout est à leur gloire : monuments, musés, musique, etc. On apprend aussi que certaines ONG ont quitté le pays car l’aide alimentaire qu’elle fournissait était détournée par le parti et n’arrivait pas aux plus nécessiteux. Cela rejoint un reportage que j’ai vu il y a quelques semaines où un journaliste expliquait que tout business avec la Corée du Nord était géré par le parti et que c’était celui-ci qui redistribuait les bénéfices aux employés (ou pas!).

J’ignorais que cette expérience datait d’il y a plus de 10 ans, et je me suis demandée à plusieurs reprises à quelle époque je me trouvais : 1930 ? 1950 ? 2000 ! Non impossible…A quoi ressemble ce pays aujourd’hui ? On n’a aucun mal à imaginer que rien n’a changé. Guy Delisle nous fait par de ses réflexions et de ses observations sans jugement. C’est ce que j’apprécie dans ses BD : des faits et un regard extérieur, au lecteur de se construire sa propre opinion. Si je devais résumer ce livre en deux mots, ce serait absurdité et manipulation.
Je trouvé ce roman graphique moins drôle que Chroniques de Jérusalem mais tout aussi passionnant. Peut-être parce que ce qui y est décrit ne prête pas au rire. Cela reste une belle lecture et un auteur que je vous invite vivement à découvrir ! Moi, je compte poursuivre ma cure avec Chroniques Birmanes.

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